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Le temps qui va, le temps qui vient

Pour fêter mes emplettes en littérature japonaise, j’ai débuté par Le temps qui va, le temps qui vient, de Kawakami Hiromi, chez Picquier poche.



 
J’avais déjà lu plusieurs romans de cette écrivaine, et j’ai retrouvé dans ce texte son sens du détail, qu’il consiste à brosser un portrait ou à restituer la vie d’un lieu, d’un décor donné. Ici, c’est un quartier qui se dévoile à travers les points de vue de différents habitants, un par chapitre. Chacun évoque son histoire, son rapport au lieu où il vit, croise de près ou de loin d’autres habitants-narrateurs.
L’ensemble donne une structure particulière au récit, sans arc narratif, plutôt comme la composition d’un tableau par touches successives, qui donnent au final une vue d’ensemble. Le final donne du sens à l’expérience, l’éclaire d’un jour particulier.

Kawakami Hiromi excelle, comme je le disais, à ce jeu. Chaque portrait est unique, sans pour autant que les personnages soient exceptionnels : aucun ne sort de la trame de la réalité. Pourtant tous portent une densité amenée avec délicatesse. La plume de l’auteur oscille avec justesse entre poésie et détails crus, réalistes. Le tout coule, avec aisance et fluidité et c’est la mer des jours et des émotions qui nous porte de page en page.

Je recommanderai chaudement ce beau roman, tout comme les précédents. Je sais que Kawakami Hiromi est probablement plus connue pour Les années douces, adapté en manga par Taniguchi Jirô, paru en France chez Casterman. 





C’est un roman que j’avais énormément apprécié, même si ma préférence va à La brocante Nakano.
Ici, le charme particulier du récit vient qu’on ne voit pas plus d’un chapitre à travers les yeux du même personnage. La sensation qui en ressort est celle d’une vue en trois dimensions, on se sent emporté à son tour dans les lieux visités, grâce à la multiplication des perspectives.
C’est un roman qui laisse entendre son écho bien après avoir été refermé, tout en douceur, avec une légère impression de mélancolie et de vertige. Comme si on avait vu un moment par les yeux du ciel en quelque sorte.

Commentaires

  1. Ça fait un moment que je n'ai pas lu de littérature japonaise, et je dois dire que ta chronique fait très envie !

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    1. Enfin, j'ai réglé mon problème de réponse aux commentaires. Tout arrive... merci, je suis contente que la chronique te plaise !

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