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Sublutetia, tome 1 : la révolte de Hutan

Le premier tome d’une série jeunesse par Eric Senabre, aux éditions Didier Jeunesse. J’avoue avoir hésité à chroniquer ce roman, car il m’a fait grincer des dents. Je préfère parler de livres qui m'ont apporté davantage. Néanmoins, il y a certainement quelque chose à apprendre des romans que l’on a moins aimés.


Avant cette sortie de classe, Keren et Nathan ne se connaissaient pas vraiment. Séparés de leur groupe, ils se retrouvent seuls dans le métro. Perdus puis traqués, ils s’enfoncent dans les profondeurs de Paris, au cœur d’un monde qu’ils n’auraient jamais dû découvrir… Un roman pour ceux qui veulent savoir ce qu’il y a sous leurs pieds.




Je dois tout de même commencer par préciser que j’y ai trouvé quelques éléments que j’aime particulièrement en littérature jeunesse : inventivité, dépaysement, aventure et émerveillement. Ce qui n’est pas rien, convenons-en. L’intrigue est assez prenante avec un twist final assez réussi. Cet univers souterrain a le goût du mystère et donne des envies d’exploration. Le côté contre la montre du récit fonctionne bien. Mon principal souci ne réside pas dans la narration, plutôt efficace, quoique un peu trop rapide à mon goût (mais je comprends qu’il s’agit d’un choix assumé, la cible étant un lectorat assez jeune). Non, le gros problème de ce roman, pour mes goûts en tout cas, c’est la caractérisation des personnages.
Nathan, un tout jeune adolescent, sombre et renfermé depuis la disparition de son père. En soi, c’est cohérent. Mais le fait est que ça le rend passablement désagréable avec tout le monde. D’aucun argumenteront que c’est un personnage « fort », qui a du caractère. Moi, j’appelle ça avoir mauvais caractère. Je n’ai pas réussi à éprouver de réelle empathie pour lui, malgré l’émotion qui se dégage de son manque paternel.
Le second personnage principal est celui qui m’a le plus donné envie d’arrêter ma lecture. C’est Keren, qui partage les aventures de Nathan par pur hasard. Ou plus exactement, qui lui sert de faire valoir tout au long de l’histoire. Keren est le pendant curieux, énergique et plutôt enjoué de Nathan, plus introverti et réfléchi. Mais elle représente tout au long de la narration l’ignorante occupée à poser les questions qui permettent à Nathan de démontrer ses connaissances, sa supériorité intellectuelle. Physique également : en cinq minutes, effrayée, elle se blottit contre lui pour un oui ou pour un non, bref joue les demoiselles en quête de protection. Le rôle de Keren est tellement celui d’une « fille », que le seul moment où elle a sa part d’action dans la résolution de l’arc principal, lui est attribué parce qu’elle est le plus petit gabarit : elle peut se glisser sous les décombres d’un immeuble effondré.
Bref, j’ai été perpétuellement frustrée par ces deux personnages principaux, qui me rappellent les schémas éculés des vieux films, ou des vieux dessins animés dits « pour garçons ».
Je passe rapidement sur le fait que les personnages adultes qui gravitent autour de ce « couple » m’ont tous semblé assez caricaturaux, ce qui les rendait prévisibles et assez ennuyeux.

Je termine par une des choses qui m’ont malgré tout séduite, à savoir l’érudition concernant le métro parisien, sont histoire et sa mécanique. Le roman a un petit charme steampunk, sans doute plus développé encore dans la suite des romans. Mais je ne les lirai pas. Les personnages ne m’ont pas donné envie de les accompagner plus loin.


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