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Les vertes collines d'Afrique

Je l'ai dévoré, mais est-il besoin de le chroniquer ? Ce n'est pas comme si Hemingway avait besoin que l'on parle de lui.




Des cinq continents qui forment notre monde, l'Afrique est probablement le plus riche en régions encore assez peu peuplées pour demeurer le paradis des bêtes sauvages - et donc aussi des chasseurs. C'est au Kenya, dans un de ces paradis de l'Afrique orientale anglaise, qu'Ernest Hemingway (entre deux romans ou deux reportages) va chasser le gros gibier.
Que trouve-t-on dans les hautes herbes et les forêts de ses vertes collines ? Des lions, des rhinocéros, des phacochères, des éléphants, d'inoffensives pintades ou des zèbres et cette proie convoitée entre toutes à cause de ses cornes splendides : la variété d'antilope appelée koudou.
Sous la conduite d'un guide professionnel, Hemingway et sa femme partent en safari.
Mais on se doute qu'il ne s'agit pas seulement pour Hemingway, d'un récit ironique et documentaire sur la façon de chasser le koudou. Il s'agit aussi d'une poursuite spirituelle, à la recherche du bonheur, ou tout au moins de ces moments privilégiés où l'individu accepte son destin. La chasse est le moment privilégié où se fondent les trois états du temps : passé avec le souvenir, futur avec la poursuite, et aussi présent heureux.
Sur la piste des grands koudous, Hemingway rejoint son propre passé.


 J'avais envie d'en parler quand même parce que chez lui la puissance est une évidence, la force d'évocation un naturel. Parce que son récit de vie, de cette expérience de vie est un récit humain et sensoriel, sans la rhétorique, comme il le dit lui-même. Ce qui m'autorise, moi qui n'apprécie pas la chasse , à entrer dans le récit, à vibrer avec lui. Et puis la façon dont il parle de l'écriture, non pas pour soutenir des théories mais de manière sensorielle, est irrésistiblement évocatrice.
Parce son sens des dialogues est tout bonnement incroyable, à la fois théâtral, millimétrique et parfaitement, absolument vivant.
Parce que je ne connaîtrai jamais l'Afrique comme les africains, mais que je peux la voir à travers les yeux d'un non africain à la fois rustre et tendre.
Parce qu'une fois que j'ai eu terminé le livre, je n'avais qu'une envie, c'était de parler à bâtons rompus avec son auteur pendant des heures...

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