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Le lore n°2 : comment ça marche ?

J'avais prévenu, le lore, j'adore, donc j'y reviens.




Qu'il soit toile de fond, ou articulation primordiale du récit, ce contexte, comment se crée-t-il? Pour vous je en sais pas, mais pour moi, avant tout par impressions. Par glissements.
La plupart du temps une envie d'univers se produit à la réception d'une sensation vécue. Dans ces moments-là, ce que je souhaite transcrire est émotion que je ressens, que ce soit face à un paysage, un ouvrage d'art (donc une réalisation architecturale, technique), une oeuvre d'art, la découverte d'un type ethnique ou d'un folklore humain existant. Et la restitution de cette émotion peut prendre des formes détournées, qui n'impliqueront pas de reproduire et de m'approprier la source en question.

Par glissement, c'est l'effet inverse. C'est l'envie d'intégrer la source en la digérant à ma manière, mais toujours avec l'intention de faire resurgir l'émotion ressentie plus que pour calquer une réalité.
le glissement est un processus qui est certainement nécessaire jusqu'à un certain point. Parce que c'est un procédé qui s'appuie sur un réel connu, des codes maîtrisés par le plus grand nombre et qui créent une familiarité. Et qui dit familiarité dit le plus souvent adhésion. De la même façon qu'un symbole génère des images, des associations spontanées. Donc, bien souvent à la création d'un univers et de son lore, on opère par glissements de symboles. Notre cerveau fonctionne volontiers par associations.

Les créatifs en sont conscients, créer n'est pas faire surgir du néant, nous sommes tous tributaires de notre culture, celle que nous ont transmise nos racines et celle que nous accumulons à titre personnel. ce qui va faire jaillir l’étincelle de l'originalité est le degré d'appropriation. d'ailleurs on peut remarquer que les traits d'originalité les plus marquants ne sont pas forcément ceux qui remportent l'adhésion du plus grand nombre. Parce que celui qui reçoit la création (lecteur, spectateur, joueur...) a besoin d'une certaine familiarité pour se projeter dans ce qu'on lui propose. Dans certains cas, il adhérera à l'étrangeté par goût pour l'exercice intellectuel. Mais moins émotionnellement.
Je n'émets aucun jugement en la matière, toutes les expériences sont valables et potentiellement enrichissantes. 

Pour ma part, tant que ce que je malaxe à la création fait jaillir des émotions fortes (au moins pour moi, c'est tout de même un début), je continue à malaxer jusqu'à trouver une forme qui me convienne. Ensuite viennent les déclinaisons, les détails, les articulations qui donneront une cohérence d'ensemble. Avec un peu de chance et beaucoup de travail, de révisions. Il est d'ailleurs amusant que la cohérence ne soit pas forcément évidente, même si c'est un peu dangereux.

Comment se lasser de ce terrain de jeu ? D'ailleurs, si jamais aborder le sujet de la création d'univers et de lore de manière plus technique vous intéresse, glissez-moi un mot.  Vous l'aurez remarqué, je suis davantage jardinière qu'architecte, mais je sais établir un plan, ici ou là. ;)

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